Le France Science Summit, une célébration de l’excellence de la recherche française menée aux États-Unis

Le Bureau du CNRS à Washington D.C. et le Service pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France aux États-Unis ont organisé la toute première édition du “France Science Summit” le lundi 6 novembre 2023 à la Maison Française de Washington D.C. Cette journée était dédiée à la promotion de la recherche française aux États-Unis, ainsi qu’à la mise en valeur des projets de coopération scientifique bilatérale. Les contributions des chercheurs français dans trois domaines thématiques ont été mises en avant lors de ce symposium : l’environnement, la santé et les technologies émergentes. Des scientifiques à différents stades de leur carrière ont été invités à présenter leurs recherches et à parler des avantages de la coopération bilatérale franco-américaine pour l’avancement de la science.

Onze chercheurs français et dix chercheurs Américains sont intervenus pour présenter leurs travaux de recherche. Certains de ces travaux sont soutenus financièrement par les principaux organismes de recherche français tels que le CNRS, INRAE et l’INSERM ainsi que par les programmes de mobilité du Service pour la Science et la Technologie (p. ex. le programme Châteaubriand, duquel le CNRS est désormais partenaire). Les chercheurs concernés par les outils de collaboration du CNRS (International Research Center, International Research Laboratory, International Research Project, International Research Network) ont témoigné de l’utilité de ces financements pour encourager les projets de recherche d’excellence conjoints et la mobilité transatlantique, afin de favoriser l’avancement de la science à l’échelle mondiale.

La diversité de l’auditoire a souligné l’importance notable de la collaboration scientifique internationale. Des chercheurs de disciplines variées, des universitaires, des étudiants, des représentants diplomatiques (p. ex. Délégation de l’Union Européenne aux États-Unis) et des responsables d’agences fédérales américaines (p. ex. Department of State, National Institutes of Health, National Oceanic and Atmospheric Administration, National Science Foundation, Environmental Protection Agency, U.S. Department of Agriculture, Department of Energy, National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine) ont assisté au symposium.

Ensemble des participants au « France Science Summit 2023 »
© Nassereen Mirza/Ambassade de France aux États-Unis

Un événement consacré à l’excellence française dans les trois thématiques scientifiques prioritaires de la France et des Etats-Unis

Suite aux allocutions liminaires prononcées par Aurélie Bonal, Ministre Conseillère de l’Ambassade de France aux États-Unis, et Mireille Guyader, Conseillère Scientifique, trois séquences thématiques ont rythmé le symposium. Les séquences étaient alignées sur les priorités définies lors du Comité mixte de décembre 2021 entre la France et les États-Unis : la santé, l’environnement et les technologies émergentes. Chacune de ces séquences laissait la parole dans un premier temps à un « grand témoin » français, afin qu’il puisse éclairer l’auditoire sur son sujet d’expertise, puis à un panel composé de scientifiques français et américains. Ces derniers, à différents stades de leur carrière, étaient invités à présenter leurs recherches, à parler des avantages de la coopération bilatérale franco-américaine et des financements ou outils associés. Concernant ces derniers, un panel et des témoignages étaient dédiés en fin de journée aux principaux outils de coopération franco-américains existants.

Séquence Santé

La première séquence en santé était dédiée aux nouvelles applications dans la recherche biologique et médicale pour traiter les problèmes de santé. Elle a débuté par un exposé scientifique éclairant du Dr Yasmine Belkaid (Directrice du programme Microbiome du NIAID, National Institutes of Health), sur le sujet du contrôle de la physiologie de l’hôte par le microbiote. Un panel prestigieux comprenant le Dr Naomi Taylor (« Senior Investigator » à l’Institut National du Cancer aux National Institutes of Health et coordinatrice d’un International Research Projet du CNRS), le Dr Jean-Laurent Casanova (MD, PhD, Levy Family Professor à l’Université Rockefeller, Senior Attending Physician à l’hôpital universitaire Rockefeller et chef du laboratoire St. Giles de génétique humaine des maladies infectieuses, chercheur au Howard Hughes Medical Institute, Professeur à l’Université Paris Cité et à l’Hôpital Necker Enfants Malades et responsable d’un Projet de Recherche International INSERM), le Dr Emmanuelle Passegué (Ph.D., ancienne professeure de génétique et de développement et directrice de la Columbia Stem Cell Initiative à l’Université de Columbia) et Kelly O’Shea (lauréate Châteaubriand à l’Université de l’Illinois, Chicago) a permis à ces intervenants d’échanger sur leurs recherches respectives et leurs collaborations.

Séquence Environnement
Panel environnement (de gauche à droite) : Sky Dominguez, Adam Chmurzynski, Dr Gabrielle Dreyfus, Sylvain Barone. © Loïc Ruffaud/LR Visuals

Lors de la deuxième séquence, consacrée à la recherche environnementale face aux défis mondiaux à court et à long terme, Stéphane Hallegate (Conseiller principal en matière de changement climatique à la Banque Mondiale) a réalisé une présentation en économie environnementale sur la manière de mesurer la vulnérabilité de différentes populations au changement climatique. Il a souligné que dans le contexte du changement climatique, la sortie de la pauvreté après des périodes de crise se heurtait à la diminution de l’intervalle de temps entre ces crises, voire au fait que l’état de crise devenait l’état normal et qu’il fallait travailler sur de nouvelles approches en matière de “résilience” des sociétés. Le panel suivant était composé de Sky Dominguez (directrice adjointe de l’engagement et du développement de l’International Research Center for Global Grand Challenges du CNRS, Université d’Arizona), de Sylvain Barone (chercheur en sciences politiques à INRAE au laboratoire G-EAU de Montpellier, et chercheur invité à l’Université d’Arizona), du Dr Gabrielle Dreyfus (scientifique en chef à l’Institut pour la gouvernance et le développement durable de l’Université de Georgetown) et d’Adam Chmurzynski (lauréat Châteaubriand et candidat au doctorat en écologie et biologie évolutive à l’Université d’Arizona).

Les discussions ont permis de mettre en évidence l’importance des échanges entre des laboratoires pour comparer leurs données, renforcer leurs analyses et être complémentaires sur des sujets comme la fonte des glaciers et la gestion de l’eau afin d’orienter au mieux les décideurs politiques. La difficulté d’articuler le temps long des séries de données en sciences de l’environnement et les cycles courts de 3 ou 5 ans des financements de projets de recherche a également été mise en avant.

Séquence Technologies Emergentes

La dernière séquence thématique s’est penchée sur les technologies émergentes à l’aube des défis de demain. Le Dr Oussama Khatib (professeur et directeur du Stanford Robotics Lab et du Department of Computer Science à l’Université de Stanford et responsable d’un International Research Project du CNRS) a donné une présentation captivante sur la robotique sous-marine de précision. Il a mis en avant la complexité technique des défis technologiques actuels, comme la traduction des compétences humaines en stratégies que le robot doit apprendre, mais qui motive la recherche technologique. Avec de telles contraintes, il faut être visionnaire et capable de concevoir des projets en collaboration avec des experts de l’ensemble des domaines et sur l’ensemble des continents, d’où l’importance des collaborations internationales. Le panel qui a suivi, composé du Dr Rémi Soummer (Directeur du laboratoire d’optique du Space Telescope Science Institute et responsable d’un International Research Project du CNRS), du Dr Manijeh Razeghi (professeure d’ingénierie électrique et informatique, directrice et fondatrice du Center for Quantum Device à l’Université de Northwestern), du Dr Anne-Elisabeth Courrier (professeure associée en droit à l’Université de Nantes et chercheure invitée au Center for Ethics de l’Université Emory) et de Raza Sheikh (lauréat Chateaubriand et étudiant chercheur à l’Université de Pittsburgh), a notamment souligné l’importance de la mobilité des chercheurs et des étudiants pour l’avancement de la science.

La table ronde a également souligné l’importance d’une vision systémique et inclusive de la recherche, et la nécessité d’une recherche pluridisciplinaire et plurigéographique évoquée par le Dr Khatib. La France a une fois de plus été citée pour ses talents dans les sciences “dures”, particulièrement en mathématiques et en physique. L’importance de la mobilité des chercheurs et des étudiants pour l’avancement de la science a également été soulignée.

Panel sur les outils de collaboration
Présentation du Dr José-Alain Sahel. © Erell Gloaguen/CNRS

Suite à ces trois séquences focalisées sur la science, la dernière séquence de la journée a mis en lumière les outils de la collaboration et de la mobilité transatlantiques. Deux témoignages ont d’abord été donnés par le Dr George F. Koob (chercheur principal et directeur de l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme aux National Institutes of Health), le Dr José-Alain Sahel (professeur émérite et titulaire de la chaire d’ophtalmologie de l’école de médecine de l’Université de Pittsburgh, directeur de l’institut de la vision au centre médical de l’Université de Pittsburgh et professeur émérite d’ophtalmologie à l’Université de la Sorbonne). Un panel a ensuite été mené par le Dr Régis Ferrière (professeur à l’Université d’Arizona, directeur adjoint de l’International Research Center for Global Grand Challenges du CNRS et directeur d’un International Research Laboratory CNRS-UArizona) en présence du Dr Lisa Bernstein (spécialiste des échanges universitaires au Département d’État et responsable des programmes d’échange Fulbright avec la France, l’Allemagne, l’Italie, Malte et la Suisse), du Dr Jean-Laurent Casanova, Laetitia Zecchini (chargée de recherche au CNRS et directrice d’un International Research Laboratory CNRS-UChicago) et du Dr Albert Ruhi Vidal (professeur adjoint d’écologie et de conservation des eaux douces à l’université de Californie, Berkeley, et coordinateur du laboratoire international associé MacLife d’INRAE).

Chacun, de par sa collaboration propre, a apporté une perspective unique sur les partenariats franco-américains. Les discussions ont souligné l’apport des programmes d’échange pour faciliter l’implantation de projets de part et d’autre de l’Atlantique. Des démarches comme Fulbright – où la France est le deuxième plus grand pourvoyeur de Fulbrighters en Europe -, du Fond France-Berkeley, des IRN, IRP, IRL et IRC portés par le CNRS ont, entre autres, été citées. L’accent a enfin été mis sur le rôle des collaborations franco-américaines comme levier pour les jeunes chercheurs et postdocs, les incitant à mener leurs propres recherches et à prendre des positions permanentes en université.

Le symposium s’est terminé par la remise des prix d’un concours photo organisé par le Service Scientifique, récompensant les deux meilleures images illustrant la collaboration franco-américaine. Les discours de clôture du Dr Kendra Sharp, du Dr Jason Donovan et d’Aurélien Lechevallier ont conclu cette journée riche en échanges. Le Dr Kendra Sharp, directrice du bureau des sciences et de l’ingénierie internationales à la National Science Foundation, a évoqué les récents accords signés entre l’Agence Nationale de la Recherche et la National Science Foundation. Le Dr Jason Donovan, directeur du bureau de la coopération scientifique et technologique au Department of State, est quant à lui un interlocuteur privilégié du Service Scientifique pour la préparation des Comités mixtes fixant les priorités scientifiques conjointes entre la France et les États-Unis. Les propos de clôture d’Aurélien Lechevallier (directeur général de la mondialisation, de la culture, de l’éducation et du développement international au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères), ont rappelé l’importance et l’impact durable de la diplomatie scientifique pour faire progresser la science à l’échelle globale.

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